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Archives pour la catégorie “condition masculine”


Point besoin d’être sociologue, c’est un fait avéré, nous vivons dans une société de plus en plus féminisée et les hommes n’ont plus la cote, particulièrement au Québec. Regardez dans les médias et observez bien vos relations sociales. Les femmes sont de plus en plus présentes dans l’espace public. Bien sûr, il faut s’en réjouir, c’est un juste retour des choses. Cette prédominance de l’influence féminine, et c’est là où le bât blesse, affecte un certain nombre d’hommes que se sentent comme lésés dans leurs attributs masculins bien reconnus: la force, l’esprit de compétition, la vaillance, l’ambition, une certaine agressivité, etc.

Du latin vir : homme, le terme sous-entend l’énergie physique, l’endurance, la rapidité d’action, la puissance sexuelle et le courage. Être un homme, n’est-ce pas avant tout être viril ? La virilité est sans conteste l’attribut fondamental de la masculinité avec la pensée obsédante de l’érection et son phallocentrisme pénétrant. Et le pénis en érection ne représente-t-il pas la férule, l’épée, la crosse épiscopale, symboles de l’autorité ? La supériorité du sexe masculin, diraient certains.

La virilité n’est pas un acquis

Mais la virilité n’est pas innée, elle n’appartient pas à la fonction biologique de l’homme et elle s’acquiert au prix de maints efforts. Elle se construit au fur et à mesure que le garçon grandit, dans la liquidation du complexe d’Oedipe. C’est l’acharnement et les épreuves qui font les hommes virils, une vérité simple pour toutes les sociétés.

Dans l’histoire, les collectivités ont souvent mis de l’avant des activités et des projets destinés aux garçons pour développer leur virilité. À titre d’exemple, à la fin du 19e siècle aux États-Unis, l’expansion industrielle bat son plein et, parallèlement, les femmes américaines s’affirment de plus en plus en société, le féminisme fait des gains et le matriarcat a de plus en plus d’influence. Les Américains s’inquiètent alors de la virilité de leurs fils. Théodore Roosevelt, le président d’alors, représente un modèle de virilité : séduisant, individualiste, forte personnalité athlétique, maître de lui-même et un tant soit peu agressif. La période donnera naissance au scoutisme, en 1910, avec un objectif, on ne peut plus clair : Faire des petits garçons de grands hommes et lutter contre les forces de la féminisation. Les sports collectifs deviendront également la voie royale de l’initiation à la virilité.

C’est admirable la virilité

Un des impératifs biologiques de la virilité, c’est le besoin de l’homme de vouloir démontrer aux femmes son invulnérabilité, sa vigueur et sa puissance. Il pense qu’il doit accomplir des exploits pour affirmer son caractère et sa force. D’où cette recherche du risque qu’on ne trouve pas chez les femmes, comme la consommation de tabac, d’alcool, de drogue, de sexualité sans protection, sans omettre la conduite automobile dangereuse et les sports extrêmes… Un comportement souvent autodestructeur ! Bien sûr, l’expression par excellence de cette virilité se concrétise dans les relations sexuelles où s’exerce, répétons-le, la forme érectile et pénétrante de la sexualité masculine. C’est sans doute pourquoi la dysfonction érectile est souvent dramatique pour l’homme.

Il serait dommage de passer sous silence les propos élogieux de Natacha Polony sur la virilité. Journaliste à l’hebdomadaire Marianne, chargée des pages consacrées à l’éducation. agrégée de lettres et diplômée en science politique, écrivain, enseignante à l’Université Léonard-de-Vinci (Nanterre), Natacha Polony louange la virilité :

Hommage à tout ce peut être un homme. Un hommage à la virilité, cette qualité tant décriée, et qui n’a rien d’autre que la confiance qu’un homme peut avoir dans son appartenance à son sexe. Une sorte de certitude rassurante, car sereine. Et si rien n’est plus difficile à définir que cette appartenance que chacun développe à son gré, elle est le miroir dans lequel les femmes se contemplent avec volupté. La virilité est une forme de confiance, de force tranquille : ce qui signifie que l’époque actuelle, dans sa volonté de criminaliser toute résurgence du patriarcat honni, a rompu le charme et fait des hommes des êtres en doute perpétuel. (…) La violence n’est pas une fatalité masculine. Et en vous construisant face aux femmes, vous apprendrez peut-être que votre grandeur est d’investir votre force et votre audace dans la défense et le respect de l’autre, la femme.*

Un témoignage vivifiant auquel il faut ajouter le fait que la virilité n’est pas simplement la force physique. Elle est surtout une attitude d’esprit qui reflète de la conviction et de la maîtrise de soi-même. Il s’agit d’une énergie intérieure, d’une force capable d’inciter au sens des responsabilités et à la capacité d’affronter les épreuves de la vie. C’est pourquoi il est triste que certains hommes cherchent à atténuer leur virilité.

Blogauteurs.net Le blogue d’André Ledoux

_________________________

*Natacha POLONY, L’homme est l’avenir de la femme, Paris, JC Lattès, 2008, p. 245.

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                                                                           Il importe prioritairement de valoriser la paternité, de renforcer l’identité des hommes et de promouvoir une image positive d’eux.

                                                                                                                              

                                                                                                                                      Le rapport Rondeau

 

 

 

         Parler des hommes dans les médias, ce n’est pas tout à fait conforme à la rectitude politique; par les temps qui courent, l’élément masculin doit faire preuve de retenue et de discrétion. Nous vivons dans une société de plus en plus féminisée qui ne rate pas l’occasion de mettre en évidence les réalisations des femmes. Il faut s’en réjouir dans une large mesure, puisque c’est un juste retour des choses : les femmes ont essuyé  l’oppression et des injustices au cours des siècles et leur émancipation complète est loin d’être acquise. Mais il faut avouer que l’homme subit les contrecoups des avancées de l’univers féminin. Il se questionne sur ces façons d’être et  de faire, tout en étant témoin de l’érosion de son système de valeurs, au point d’être placé dans un état de crise existentielle. Les hommes assument donc un destin de plus en plus lourd et exigeant.

Ce qui est horrible dans la condition masculine, c’est de toujours faire face, d’être le meilleur, de ne jamais manifester de faiblesse, une dynamique de la maîtrise de soi qui mène parfois à des attitudes ou des comportements autodestructeurs. La suite, on peut la deviner : les dysfonctions comportementales et les maladies refuges comme la psychose, la névrose, l’alcoolisme, etc.

L’impact du féminisme

        

Au Québec, la venue du féminisme a certes permis aux femmes de progresser dans la conquête de leurs droits et libertés; elles ont su transformer leur milieu de vie. Qui plus est, les valeurs dites féminines (intériorité, prudence, empathie, conservation, pacifisme), d’alléguer l’éditorialiste de La Presse, Mario Roy, constituent aujourd’hui les étalons de mesure à partir desquels tout est jugé. L’idéologie féministe a fait table rase de tout un pan de la culture humaine. Ce n’est pas peu dire.  Il est alors pertinent de croire que cette mouvance féministe est inséparable d’une condition masculine qui suscite actuellement des inquiétudes.

D’aucuns soutiennent que, avec les années, les acquis du féminisme ont pris des proportions déraisonnables qui créent un déséquilibre par rapport à la condition masculine. Les problèmes sociaux et juridiques des hommes et les besoins qui en découlent sont immenses comme le démontre le rapport Rondeau publié en 2004.

Le féminisme a grandement contribué au rejet de l’autorité de type paternel qui imposait parfois des bornes rigides et inégalitaires. Allié à la libération sociale des années 70 - pensons au slogan Peace and Love - le mouvement des femmes a fait en sorte que l’autorité, considérée comme du fascisme, devienne moins persuasive et s’affaiblisse; son déclin a même été perçu par certaines gens comme un progrès. L’auteur du livre Le féminisme et ses dérives, Jean Gabard, explique avec justesse :

           

Dans la nouvelle démocratie, la grandeur est ridiculisée, inversement small is beautiful. (…) Tous les pouvoirs, toutes les hiérarchies, toutes les institutions, qu’elles soient militaires, politiques, religieuses, scolaires, familiales, sont déconsidérés. (…) Tout ce qui était opprimé doit être soutenu. Il faut défendre la cause des enfants, la cause des adolescents contre les adultes, la cause des femmes et des homosexuels contre le pouvoir mâle… La nouvelle pensée dominante est celle qui défend les dominés.

 

Une fragilité identitaire 

Les hommes se sentent maintenant déstabilisés et perplexes.  Pourquoi ce désir de la compétition à outrance ?  Sommes-nous si  supérieurs aux femmes ? Pourquoi craindre les émotions ? Pourquoi fuir l’intimité ? D’où provient le désir de  domination ? Pourquoi vouloir toujours s’imposer et se montrer les meilleurs ? Et cette indiscutable violence masculine ? Bref, c’est la déconstruction de la masculinité. Et le psychiatre britannique, le Dr Anthony Clare, va plus loin lorsqu’il écrit : À l’aube du XXIe siècle, la masculinité est dépeinte par plusieurs analystes comme un état de déviance, comme une pathologie.  

L’effondrement des valeurs masculines traditionnelles a renforcé la fragilité identitaire de l’homme d’ici, malheureusement trop habitué à une image de perdant et de gagne-petit, profondément enfoncé dans un complexe d’infériorité inscrit dans une histoire  impossible à refaire : les hommes canadiens-français ont perdu la bataille des Plaines d’Abraham en 1760 et les rébellions de 1837 et 1838 leur ont été défavorables.

Les difficultés de certains pères n’arrangent rien au vécu des hommes. Le 8 février 2005, Radio-Canada présentait, dans le cadre de l’émission Enjeux, un documentaire de Serge Ferrand intitulé : La Machine à broyer les hommes. L’auteur y démontrait les discriminations que vivent les hommes, en ce qui concerne surtout les litiges familiaux et la détresse des pères à la suite de la décision de confier la garde des enfants  aux mères, même si souvent le tribunal ne fait qu’homologuer une entente entre les parents. Il faut donc comprendre les réactions masculines à l’endroit d’une situation souvent injuste.

Pour certains autres, les épreuves commencent à l’heure de la retraite. Plongés pendant des années dans un travail qui absorbait énergie et intérêt, plusieurs hommes n’ont pas su préparer ce grand virage frappant comme un coup de massue. Leur identité de travailleurs s’effondre. Que faire maintenant de son existence ? Comment donner un nouvel élan à ses motivations pour satisfaire ses besoins et être heureux ? Faut-il retourner au boulot ?

 

De l’espoir à l’horizon

 

On l’a souvent répété, l’homme d’ici doit cesser de croire qu’il est un minus habens et c’est la condition essentielle pour se refaire une identité masculine forte et solide. Il demeure crucial de s’inspirer de grands modèles. Chacun dans son domaine respectif, Maurice Richard, Jean Béliveau, Alexandre Despatie, Félix Leclerc, Michel Tremblay, Alain Lefebvre, Fernand Dumont, Jean-Paul Lemieux, Pierre-Elliot Trudeau, René Lévesque, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard… sont des hommes porteurs de grandes qualités; leur réussite et leur comportement viennent renforcer notre identité masculine. Chacun de nous, sur une échelle moindre, nous sommes capables de marquer notre destin et d’accomplir des choses pour le plus grand bien de notre entourage et de la communauté.

La condition masculine est trop importante pour être surtout  une revendication de garde d’enfants, une empoignade sur les pensions alimentaires ou des discussions oiseuses sur le féminisme outrancier. La condition masculine, ce n’est pas le masculinisme radical, outrageux et blessant et pour la femme et pour l’homme. La condition masculine doit inciter à une réflexion profonde et appropriée sur le quotidien des hommes dans notre société,  en ayant bien dans l’esprit que l’avenir de la femme, c’est l’homme et que l’avenir de l’homme, c’est la femme. Aucun débat ne sera donc possible si l’on maintient une dialectique de l’affrontement entre les sexes.

Oui, le tableau de la condition masculine est sombre, mais un certain espoir pointe à l’horizon. Les hommes de bonne volonté, ceux qui voudront s’affirmer dans une masculinité renouvelée, réussiront sans doute à bien identifier leurs besoins et à se tourner vers des solutions idoines. Des exigences seront toutefois incontournables : la nécessité de faire le point sur leur propre vie, de l’introspection, une prise de conscience de leurs difficultés et l’action salvatrice qui permet souvent de tourner la page et de s’engager dans la voie du renouveau.

 

http://andreledoux.Blogauteurs.net

           

 

 

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 La ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine Saint-Pierre, a lancé, le 22 novembre dernier,  la dernière phase de la campagne gouvernementale de sensibilisation à la violence conjugale. C’est le comédien Patrice Robitaille qui, dans un message  médiatique, fait appel à la solidarité pour que nous disions tous non à la violence conjugale.

Les statistiques

En 2008, selon les données des Statistiques 2008 sur la criminalité commise dans un contexte conjugal au Québec du ministère de la Sécurité publique, 17 321 infractions touchant la violence conjugale ont été enregistrées par les corps policiers. De ce nombre, 14 242 étaient contre des femmes et 3 079 contre des hommes.  L’an dernier, 11 personnes ont été tuées dans un contexte de violence conjugale (9 femmes et 2 hommes) et 27 (23 femmes et 4 hommes) ont été victimes de tentative de meurtre. Onze  personnes ont donc perdu la vie dans un contexte de violence conjugale, le plus faible taux d’homicides de la dernière décennie.

Un message unilatéral

            Patrice Robitaille énumère, dans son message publicitaire, les prénoms des femmes qui, dans sa vie d’homme, l’ont aidé ou appuyé, ce qui  lui a permis de devenir ce qu’il est devenu. Il dénonce ensuite cette violence conjugale qui viendrait exclusivement de l’élément masculin.

            Deux observations.  Les hommes ne semblent pas avoir pris part à l’éducation ou à  la formation du comédien, selon le message. Son père n’aurait pas été d’un précieux secours dans son enfance ?  Aucun de ces professeurs masculins n’a exercé de bonne influence sur sa conduite ? Aucun comédien ne l’a parrainé ou soutenu pour qu’il en arrive à ses objectifs, ni aucun ami… ? Bizarre ! Le message est pour le moins unilatéral et discriminatoire envers les hommes ; il n’y en a que pour les femmes à qui les hommes devraient tout.

La violence des femmes

            L’autre observation touche l’aspect social du message : c’est aux  hommes essentiellement qu’il faut attribuer la violence conjugale. Un peu trop court, comme affirmation. Les femmes peuvent être violentes en couple, une violence souvent psychologique qui peut blesser profondément leur conjoint. Les recherches de Denis Laroche de l’Institut de la statistique du Québec démontrent clairement la dimension mutuelle de la violence dans le couple ; le chercheur soutient qu’il existe autant de chances que le recours à la violence ait été amorcé par une femme que par un homme.

            Et que dire de la violence qui sévit entre les couples de lesbiennes ? Selon Statistique Canada, peut-on lire dans la Gazette des femmes (novembre-décembre 2005), le taux de violence conjugale chez les homosexuelles est le double de celui déclaré par les hétérosexuelles (15 % contre 7 %) et des experts soutiennent que c’est plutôt de 22 à 24 % si l’on extrapole à partir des statistiques américaines. Oui, des femmes battent et violentent leurs blondes. Et les conséquences sont tragiques : honte, baisse de l’estime de soi, maladies psychosomatiques, etc.

 

            Le message publicitaire nous semble tendancieux dans la mesure où il ne fait pas la part des choses quant à la violence conjugale, un phénomène qui est l’apanage des hommes et des femmes. Pour se conformer à une certaine rectitude politique, beaucoup trop de médias et les rapports de police sur la violence dans le couple accusent systématiquement les hommes dans les cas d’agression et de brutalité. Comment expliquer que la ministre Saint-Pierre passe sous silence les résultats des recherches de Statistiques Canada et de l’Institut de la statistique du Québec sur la violence des femmes à l’endroit des hommes ? Ces  recherches illustrent que les hommes sont victimes de violence conjugale dans une large proportion et certains soutiennent même que cette violence est presque similaire à celle des femmes.

            Comme l’écrit si bien le philosophe François Brooks, sur son site Philo5.com, dans un article intitulé La violence faite aux hommes,

La violence morale faite aux hommes par notre société féministe ne se termine pas dans une tuerie spectaculaire ; elle prend plutôt la forme silencieuse et anonyme du suicide des jeunes hommes dont on ne parle jamais au téléjournal. Vivre homme au Québec, c’est être amené à se détester tous les jours en regardant le téléjournal. On se croirait revenu au temps de l’inquisition où on brûlait les sorcières sur la place publique. Les rôles sont simplement inversés. Ce sont maintenant les femmes qui ont le beau rôle. Comme si celles-ci ne portaient pas en elles la nature humaine, elles ne sont presque jamais au banc des accusés.

            Bref, reconnaissons que la violence conjugale est souvent le problème de la femme et de l’homme, un partage de colère et de rage qu’il faut éradiquer le plus possible.

                                                                                              André Ledoux

P.-s. L’auteur n’est pas antiféministe et il déplore notamment la tuerie de la Polytechnique qui a mis en cause un détraqué;  il souhaite que les relations entre les femmes et les hommes soient harmonieuses pour le plus grand bien de la vie de couple.

_____________________

Référence

Ledoux, André  De l’homme en crise à l’homme nouveau, Essai sur la condition masculine, Québec, Option Santé, 2009, 244 p.

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            Le 3e forum québécois sur les réalités masculines s’est tenu à l’Université Laval de Québec, les 21, 22 et 23 octobre 2009 avec, comme toile de fond, le thème Agir pour la santé des hommes. Près de 250 personnes, des hommes en majorité, ont assisté à l’événement organisé par AutonHommie,  centre de ressources pour hommes de la vieille capitale.

            La santé des hommes demeure un champ de recherche nouveau avec peu de données comparatives, de dire le sociologue Gilles Tremblay, Ph.D., dans sa conférence consacrée à la santé masculine à travers le monde.  La veille, les participants avaient entendu l’athlète du Saguenay, Pierre Lavoie, qui a traité de l’attitude des gagnants dans la vie et dont la formule peut s’établir ainsi:  Persévérance + Discipline + Respect = Succès. Pierre Lavoie n’a pas manqué de parler de ses efforts fructueux pour sensibiliser la population à la maladie orpheline, l’acidose lactique, qui a emporté deux de ces jeunes enfants.

            Le travail en atelier a permis de retenir un certain nombre de sujets ou d’idées qui se prêteront éventuellement à des réflexions plus en profondeur. En voici une brève énumération.

·        Mettre sur pied des forums pour inviter les hommes à dire leur détresse ou leur colère.

·        Faire la promotion d’un modèle masculin et légitimer la masculinité.

·        Valoriser l’image de la paternité dans les médias.

·        Développer des ressources liées à la rupture au masculin.

·        Inventorier et documenter les obstacles vécus par les pères divorcés.

·        Assurer une formation aux intervenants et aux intervenantes en matière de réactions masculines.

·        Saisir les occasions pour sensibiliser la population à la condition masculine.

·        Développer un esprit critique à l’endroit de la pornographie.

·        Montrer un modèle positif des hommes en situation de proches aidants.

·        Briser le silence dans tous les milieux en ce qui concerne les victimes d’agression sexuelle.

·        Intervenir pour contrer l’hécatombe du suicide masculin.

      Il faut donner aux hommes le souci de la prise en charge de leur santé. Ce 3e forum sur les réalités masculines a justement permis de réfléchir à la question et nul doute que les nombreuses discussions pertinentes porteront fruit à plus ou moins brève échéance.

                                                                                                     

                                                                                                 André Ledoux

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           Il faut observer les hommes, les retraités, par exemple, dans les centres commerciaux, sur les terrains de tennis ou de golf, dans la rue, à la bibliothèque, pour constater qu’ils ont généralement l’air vieux, dans le sens péjoratif de l’expression. Ils vieillissent plus mal que les femmes. Deux facteurs sont souvent à l’origine de ce vieillissement que je qualifierais de prématuré : le grisonnement, la perte des cheveux et un surplus de poids qui les rend bedonnants. De plus, les hommes ne se préoccupent pas tellement de leur apparence et la santé est le moindre de leur souci : digestion pénible, maux de tête fréquents, morosité, humeur noire, douleur articulaire, peu importe, ils se disent que ça va passer ! Ils se moquent trop souvent de  la prévention et des examens de dépistage,

         Quel contraste entre ces femmes et ces hommes de 50 ans et plus !  Les femmes ont appris à bien vieillir dans la mesure où elles savent prendre les moyens pour retarder les outrages du temps. Elles se maquillent depuis belle lurette, jettent leur dévolu sur des vêtements à la mode et rendent visite à leur esthéticienne; elles prennent un soin jaloux de leur coiffure, n’hésitent pas à changer la couleur de leur chevelure et plus d’une fait appel à la chirurgie plastique. Rien d’étonnant à ce que des femmes de 75 ans en paraissent 60… Bref, elles savent jouer de tous les artifices qui font paraître jeunes, sans oublier les attitudes ou le comportement qui aident à conserver un cœur jeune et un esprit pétillant.

            Les hommes ont peu  recours aux artifices comme la coloration des cheveux, le maquillage, les soins esthétiques et même la chirurgie. Il est plus facile de se laisser aller que de faire des efforts… Les hommes vieillissent mal, vous dis-je. Et après ? Ne faut-il pas faire fi des canons de la vie sociale et oublier définitivement l’adage américain : Image is everything ?  Être au lieu de paraître ! Oui,  nous sommes toujours aux prises avec des contradictions et de l’ambiguïté !

            S’ils s’occupaient davantage de leur santé et de leur allure, s’ils s’adonnaient plus régulièrement à l’activité physique, les hommes resteraient jeunes et vivraient beaucoup mieux les dernières décennies de leur vie. Les besoins en santé de la gent masculine sont plutôt évidents.  Selon la travailleuse sociale et agente de recherche, Francine Leduc, les données de surveillance de l’état de santé et bien-être des hommes nous indiquent que :

 

·        leur espérance de vie est plus faible par au moins 5 ans;

·        les taux de mortalité des hommes sont plus élevés à tous les groupes d’âge;

·        ils se suicident de 4 à 6 fois plus que les femmes, et ce, alors qu’ils sont encore dans la force de l’âge;

·        ils sont plus souvent victimes d’accidents de toutes sortes;

·        ils sont plus souvent privés de leurs enfants dans les cas de rupture conjugale;

·        la pauvreté des hommes est souvent sous-évaluée ou minimisée;

·        la détresse des hommes n’est pas mesurée de façon adéquate, plusieurs chercheurs s’entendent pour le dire;

·        ils utilisent beaucoup moins les services de santé;

·        la souffrance des hommes n’est pas toujours reconnue;

·        les ressources spécifiquement dédiées aux hommes représentent le plus souvent moins de 10 % du total des ressources spécifiquement dédiées selon le sexe.*

 

               La santé mentale des hommes est aussi préoccupante. À part le suicide plus fréquent chez les hommes que chez les femmes, de nombreux hommes souffrent de troubles de la personnalité, tels les comportements antisociaux, le désordre obsessif-compulsif, l’alcoolisme, etc. La dépression est également répandue chez eux et les pères de famille recomposée ou monoparentale éprouvent souvent un degré plus élevé de détresse psychologique que ceux des familles normales.

                Pour améliorer leur sort, les hommes doivent prendre conscience de leur état psychologique et physique, manifester une volonté de rester jeunes et en prendre les moyens, tout en se rappelant que la santé est un bien inestimable fortement liée à un vieillissement heureux.

 

                                                                                              André Ledoux

__________________________________

 

* LEDUC, Francine, Des données et des hommes : un autre profil… des réalités différentes en ligne à l’adresse  http://www.parolesdhommes.com/2005/A7_FrancineLeduc.doc  (consulté le 5 juillet 2009)

 

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Un des événements les plus remarquables du XXe siècle a certes été l’émancipation féminine qui a exercé une influence prépondérante sur les hommes, particulièrement sur l’homme québécois. Déjà infériorisé depuis 1760 par l’histoire qui lui a été défavorable à bien des égards, à partir des années 1970 environ, petit à petit, l’homme d’ici a été témoin de l’érosion de son système de valeurs,  au point d’être placé en situation de crise existentielle. D’aucuns protesteront, mais cette réalité  masculine est incontournable et l’accumulation des  faits le démontre largement. 

La vie de couple a également subi les soubresauts de ces changements; elle bat de l’aile et le divorce progresse à un rythme effarant. Le féminisme, d’écrire Denise Bombardier, dans La déroute des sexes, a fragilisé la relation amoureuse en y introduisant un nouveau rapport de force et il est faux de prétendre que, si les hommes le vivent mal, les femmes, elles, s’en accommodent. Nous assistons non pas à la déroute d’un sexe, mais à la déroute des sexes. Peut-on encore accepter de s’entendre dire que dans l’amour l’homme est un salaud potentiel et la femme une victime inévitable ? L’amour est un risque pour tous les amoureux, sans distinction de sexe*. Et l’auteur  poursuit en insistant sur la nécessaire réconciliation des sexes.             

                 Sans trop le laisser paraître, les hommes ont encaissé en se réfugiant dans le silence et la fuite;  un certain nombre ont toutefois connu des difficultés et il n’est pas exagéré de penser qu’ils se sont enfoncés dans un marasme, voire une crise marquée parfois au coin de l’échec et du désespoir. L’homme mou, le père absent, l’homme aux émotions refoulées et le père de famille monoparentale  sont l’expression d’un mal-être masculin. Ce n’est pas tout.  La peur des femmes et la violence féminine n’ont d’égal que cet acharnement contre les hommes qui, aux yeux de plusieurs, sont des irresponsables ou des délinquants,  parce qu’ils n’assument pas leurs tâches sociales ou familiales.  Le mépris envers la gent masculine ne fait aucun doute et les hommes bafoués sont nombreux.

                Le 8 février 2005, Radio-Canada présentait, dans le cadre de l’émission Enjeux, un documentaire de Serge Ferrand intitulé : La Machine à broyer les hommes. L’auteur  y démontrait les discriminations que vivent les hommes, en ce qui concerne surtout les litiges familiaux, et la détresse des pères suite à la décision de confier la garde des enfants   aux mères, même si souvent le tribunal ne fait qu’homologuer une entente entre les parents. Il faut donc comprendre les réactions masculines à l’endroit d’une situation souvent injuste.

Pour certains, les difficultés commencent au moment de la prise de la retraite.  Plongés pendant des années dans un travail qui absorbait énergie et intérêt, les hommes n’ont pas  su préparer ce grand virage frappant comme un coup de massue.  Que faire maintenant de son existence ? Comment donner un nouvel élan à ses motivations pour satisfaire ses besoins et être heureux ? Faut-il retourner au boulot ?

Oui, le tableau est sombre, mais un certain espoir pointe à l’horizon. Les hommes de bonne volonté, ceux qui voudront s’affirmer dans une masculinité renouvelée, réussiront sans doute à bien identifier leurs besoins et à se tourner vers des solutions idoines. Des conditions seront toutefois nécessaires : la nécessité de faire le point sur leur propre vie, une prise de conscience de leurs difficultés,  une réflexion profonde  et l’action salvatrice qui permet souvent de tourner la page et de s’engager dans la voie du renouvellement.

 En revanche, la destinée masculine, c’est un truisme de le rappeler, est intimement liée à celle de la femme.  Claude de Milleville, psychologue, écrivaine et conférencière, avoue justement : La femme n’est pas l’avenir de l’homme, mais elle n’a aucun avenir sans l’homme.  Si réelle soit-elle, la crise de l’homme  pourra se résoudre avec la collaboration de la femme grâce à l’égalité et à la complémentarité. Deux concepts  reposant sur une rencontre authentique et des relations humaines limpides  entre  des personnes  qui se comprennent,  se protègent, se complètent et surtout se respectent.   De la concertation pour le plus grand bien de la femme et de l’homme !

 

                                                                                                                             André Ledoux

 

*Denise BOMBARDIER, La déroute des sexes, Paris, Éditions du Seuil, 1993, p. 138

 

 

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                        Saviez-vous que le foie est  un des organes les plus importants du corps humain et que ses multiples fonctions sont reliées à un grand nombre de malaises et de maladies ? Véritable laboratoire, le foie  filtre quotidiennement  quelque 600 litres de sang, régularise les fluides corporels et transforme  tout ce que nous absorbons comme aliments ; c’est aussi une usine de blocage des poisons :  pesticides, colorants artificiels, gaz carbonique, fumée de cigarette, air pollué, etc.  C’est  un organe de désintoxication qui purifie le sang. Le  foie est  indispensable à la plupart des fonctions de notre organisme  et son état affecte grandement la santé.  Les Anciens considéraient le foie, avec raison, comme le siège de la vie.

 

Des ennemis

 

                        Les  frustrations de toutes sortes, les inquiétudes, les soucis sont des ennemis du foie ; ces émotions négatives entravent son fonctionnement et contribuent à l’engorger.  Devant quelqu’un qui manifeste des idées sombres, de l’angoisse, ne sommes-nous pas portés à le réconforter en lui disant :  « Cesse de te faire de la bile ! »  On voit donc que le foie est au cœur de notre santé physique et mentale.

            L’alimentation demeure primordiale pour conserver toute la vitalité à cet organe vital.  L’alcool, les gras saturés, les fritures, le café au lait et les sucres raffinés, je ne vous apprendrai rien,  tous ces aliments pris régulièrement, et en grande quantité, sont nocifs à la santé du foie. Quand la fonction hépatique se détériore, l’assimilation des aliments se fait moins bien et les nutriments sont moins bénéfiques pour l’organisme. Une kyrielle de malaises peuvent alors surgir : digestion lente, ballonnements, aérophagie, somnolence après les repas, fatigue, constipation… Le sang est moins épuré, la circulation générale ralentit, ce qui conduit à la frilosité, aux ennuis  comme les varices, les hémorroïdes, l’œdème, les migraines, les  jambes lourdes, etc. L’encrassement des humeurs est imminent; la surcharge de toxines demeure intimement liée au développement des maladies dégénératives.

           

Comment traiter son foie

 

                   En revanche, plusieurs aliments s’avèrent très profitables au foie: les céréales entières (avoine, millet, blé, riz, seigle), les huiles de lre pression à froid (huile d’olive, de carthame, de tournesol, de sésame),  les fruits, les légumes et le yogourt. La carotte, sous  forme de potage ou de jus,  est particulièrement indiquée pour soulager les ennuis hépatiques.        

            Ce qui est essentiel, toutefois, c’est de drainer cet organe vital. Si vous voulez lui donner du répit,  il serait souhaitable de  faire, deux ou trois fois par année, aux changements de saison, des cures de dépuration. Les recettes abondent. Ainsi, pendant trois ou quatre jours, vous ne consommez que des jus de légumes (de la carotte surtout) et de l’eau de source en bonne quantité. Par contre, la panoplie de la phytothérapie, amie du foie,  est plutôt connue : le pissenlit, l’artichaut, le radis noir, le chardon-marie et le boldo sont  fortement recommandés pour traiter  les lenteurs hépatiques ou pour procéder à une épuration systématique.  Pour ne citer qu’un exemple, vous pouvez  utiliser du jus de radis noir avec boldo et artichaut, en ampoules, pendant une quinzaine de jours, une cure qui s’avère très bénéfique. Les suggestions pour purifier cet organe ne manquent donc pas.

            Il faut toutefois être prudent quand on décide d’entreprendre une cure à base de plantes. Les personnes qui souffrent d’une maladie hépatique ou ayant subi une ablation de la vésicule biliaire devraient consulter un professionnel de la santé.

            Oui, au printemps, occupez-vous de votre foie; il vous le rendra bien. Plusieurs moyens sont à votre disposition et profitez-en alors pour réduire les écarts dans votre régime alimentaire… Et n’oubliez  pas de faire un minimum d’exercice, surtout en plein air ; vous activerez ainsi la circulation sanguine et votre foie s’en portera mieux. Un foie qui fonctionne bien, c’est la garantie de l’efficacité dans la digestion, d’une énergie enviable, de la clarté d’esprit et d’une superbe forme.

 

                                                                                                     André Ledoux

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