Posts Tagged “bénévolat”
Le Réseau des soins palliatifs du Québec (RSPQ) a tenu son congrès annuel, les 10 et 11 mai, au Centre des congrès de Québec. Près de 1 100 personnes ont assisté à l’événement. Ce sont pour la plupart des travailleurs de la Santé et des Services sociaux : bénévoles, travailleurs sociaux, psychologues, infirmières et médecins.
Deux grandes conférences. L’auteur, professeur et psychiatre à la polyclinique médicale universitaire de Lausanne, le Dr Marco Vannotti a prononcé une conférence fort appréciée sur la relation humaine dans l’art des soins. Pour sa part, la professeure de théologie de l’Université de Neuchâtel a traité du pouvoir de la compassion.
Un grand nombre d’ateliers ont suscité l’intérêt de tous les participants, que ce soit les exigences envers les bénévoles en soins palliatifs, la pharmacologie des opiacés, la musicothérapie, la psychologie en soins palliatifs, les soins de la bouche chez les personnes en fin de vie, comment aider les familles en deuil, etc.
Sans en douter, ce grand rassemblement a permis d’entamer une réflexion de fond sur un sujet qui ne devrait laisser personne indifférent, surtout quand on dépasse la cinquantaine. Quand la médecine curative s’avoue vaincue, il reste une dernière phase d’une valeur primordiale : comment faut-il accueillir la finitude de la vie ?
André Ledoux
Pas de commentaire »
La Semaine de l’action bénévole - du 18 au 24 avril - constitue un moment privilégié dans la vie des bénévoles et de tous ceux qui travaillent dans l’organisation du bénévolat. En effet, l’événement constitue une excellente occasion de promouvoir l’action bénévole dans tous les milieux de la société, de rappeler aux gens que le bénévolat est littéralement une institution qui rend gratuitement une foule de services; sans elle, les jeunes, les pauvres, les démunis, les malades, les aînés et bien d’autres seraient sans doute en difficulté et la société ne pourrait pas aussi bien fonctionner pour remplir ses nombreuses obligations. C’est souvent au cours de cette Semaine que les organismes expriment leur reconnaissance, sous de multiples formes, à ces milliers de personnes qui se dévouent inlassablement auprès de leurs communautés.
Bénévole pour la vie
Tel est le thème mis de l’avant pour l’année 2010. La Fédération des centres d’action bénévole du Québec (FCABQ) est marraine cette Semaine au Québec depuis 1974. L’organisme choisit le thème de la Semaine et en fait la promotion à travers la province, tout en insistant sur les objectifs de sensibilisation et de reconnaissance. Bénévole pour la vie nous amène à la réflexion selon laquelle l’action bénévole est vivante et durable, comme l’écrit la FCABQ. Une fois enracinée dans la collectivité, elle grandit et prospère, devenant plus forte et fructueuse. Après tout, les véritables racines de l’action bénévole ne se cultivent pas, elles s’étendent et gagnent du terrain.
Un peu d’histoire
La Semaine de l’action bénévole a été proclamée dans le monde occidental, une première fois, en 1943, à partir de l’Angleterre. En pleine Seconde Guerre mondiale, les sociétés éprouvent des besoins particuliers. Beaucoup d’hommes sont au champ de bataille et les femmes, souvent seules, doivent s’engager dans diverses tâches. L’aide humanitaire devient incontournable; des pauvres, des orphelins, des femmes abandonnées et des vieillards doivent être secourus. Le bénévolat s’impose alors, surtout dans les milieux socio-économiques défavorisés.
À l’occasion de cette édition de la Semaine de l’action bénévole, il faut prendre le temps de reconnaître l’apport des 12,5 millions de bénévoles qui se dévouent partout au Canada. En 2009, ces bénévoles ont fait don de 1,2 milliard d’heures et mis à contribution leur énergie et leurs compétences pour appuyer les services communautaires : maisons d’hébergement, hôpitaux, équipes sportives, groupes environnementaux, etc. Sans le bénévolat, la société aurait bien du mal à survivre.
Pas de commentaire »
Nos sociétés occidentales, tout axées sur le jeunisme et constamment à la recherche de la fontaine de Jouvence, nourrissent ce mythe persistant de l’inutilité de la personne âgée. Combien de gens ont l’impression que les vieux coûtent cher au système de santé, parce qu’ils sont surtout malades, qu’ils sont une entrave au développement socio-économique et que leur existence est souvent futile ?
Une image dévalorisante
Bien que les propos sur la longévité et l’espérance de vie rehaussent l’image qu’on se fait habituellement des personnes âgées, mythes et préjugés semblent davantage ancrés dans l’esprit des jeunes et des adultes qui, souvent, ignorent ce que sont véritablement les aînés. Selon une étude publiée aux États-Unis, les cadets croient que les sujets âgés ont les cheveux blancs, le visage ridé, le dos voûté, qu’ils sont casaniers, passent leur journée à ne rien faire et que rien ne les distingue les uns des autres.
Un peu dans le même sens, le Dr Roy L. Walford avoue :
À en croire ces mythes, les vieillards sont improductifs, peu ou pas engagés, rigides, séniles, collés à l’écran de télévision dans leurs mouroirs, ou bien avachis sur un banc de parc, occupés à nourrir les pigeons et à regarder les gens passer; et malgré ça, elle se multiplie cette masse énorme des lents à crever et des morts vivants, ridés et crachotants, engeance pitoyable à laquelle nul dans son bon sens ne souhaiterait appartenir. Toujours selon ces mêmes mythes, les vieux sont inutiles, inintéressants, et l’on peut sans inconvénient les ignorer et les exclure. *
La réalité est heureusement différente
Pourtant, ce n’est pas ce qu’on peut observer dans la demeure des aînés, les résidences pour personnes âgées ou les centres d’hébergement: les aînés fréquentent la bibliothèque, s’adonnent au bénévolat, jouent au bridge, participent à des conférences, à des repas communautaires ou des visites guidées, vont au cinéma, reçoivent des amis, font de l’exercice et de la danse sociale, écrivent, lisent, écoutent de la musique, discutent comme bien des jeunes ne réussissent pas à le faire. On passe ainsi du mythe à la réalité !
De plus, dans nos sociétés modernes, on associe malheureusement vieillesse et mauvaise santé. Quelqu’un de vieux est vraisemblablement une personne malade. Pourtant, un grand nombre d’aînés sont en bonne santé et plus de 75 % vivent dans leur maison occupés à diverses activités… En général, les aînés sont en bonne santé, s’efforcent de bien manger et de faire de l’exercice. Ils sont des adeptes du conditionnement physique, de la danse sociale, de la pétanque et de la marche. Ils développent de plus en plus le souci du mieux-être; leur apparence s’en ressent et il n’est pas rare de rencontrer des personnes, surtout des femmes, qui ne font absolument pas leur âge; on leur donnerait 65 ans alors qu’ils en ont 76 !
L’engagement social des personnes âgées est proverbial. Au Québec, près de 2 millions de personnes consacrent annuellement environ 310 millions d’heures à la bienfaisance et ce sont en majorité des aînés. Ils sont à peu près partout : dans les arénas, les bibliothèques, les écoles, les hôpitaux, les centres d’hébergement, les entreprises, les musées… Leur action est altruiste et magnanime. La plupart du temps, leur implication est silencieuse, puisqu’ils sont des travailleurs de l’ombre. Et il n’est pas exagéré de prétendre que, sans le bénévolat, la société aurait bien du mal à s’acquitter convenablement de ses obligations. Qui plus est, l’État-providence rebrousse chemin et délaisse de plus en plus les services à la population. Qui peut prendre la relève si ce ne sont les bénévoles retraités empreints de générosité et de grandeur d’âme ?
Que serait l’économie sans les vieilles et les vieux ? Ce sont souvent eux qui ont le temps et les moyens, parfois modestes, d’aller dans les restaurants ou de faire des achats dans les centres commerciaux. Ils vont au cinéma ou aux concerts. Et nombreux sont les aînés qui voyagent… Ils constituent donc un rouage important de l’économie. C’est quoi l’image négative de la vieillesse ? Nous assistons d’ailleurs à un phénomène social nouveau : les septuagénaires paraissent de plus en plus jeunes dans leurs corps et leur esprit et les personnes de plus de 80 ans, actives, en santé, engagées dans bien des projets, sont de plus en plus nombreuses. Seules l’éducation et l’information pourront changer la mentalité à l’endroit de ces aînés dont certains sont plus dynamiques et vivants que des personnes dans la cinquantaine.
André Ledoux
____________________________________
* Walford, Roy L., La Vie la plus longue, Paris, Éd. Robert Laffont, 1984, p. 202.
Un commentaire »
Trop de gens ignorent les bienfaits du bénévolat dans la vie économique.
J’apprenais tout récemment que l’action bénévole a permis à l’État américain d’économiser la rondelette somme de 12 milliards de dollars en 2008. Au Québec, pour la même année, les bénévoles ont fait épargner à leur gouvernement la somme de 650 millions de dollars. C’est inimaginable et, dans ces temps de crise financière, les bienfaits du bénévolat sont exemplaires; nous sommes bien loin des escroqueries d’un Earl Jones.
Contre vents et marées, les bénévoles continueront à se dévouer à diverses causes pour aider leur prochain et pour atténuer la misère, la pauvreté et la souffrance… Qu’ils soient salués et nous leur exprimons toute notre reconnaissance. Sans ce bénévolat, que seraient nos sociétés ?
André Ledoux
Pas de commentaire »
Je déambule lentement…
Je déambule lentement dans le corridor de l’unité 3e H où attendent, assises ou debout, plusieurs personnes à qui j’offre des services. Dans les salles de traitements, couchés ou bien calés dans des fauteuils, des malades reçoivent des transfusions de sang ou des cocktails de chimiothérapie. Certains acceptent un verre d’eau ou un café et me remercient avec un sourire. Rarement impatients, la plupart de ces gens affichent une grande résignation.
Quand j’ai commencé à exercer mon bénévolat dans la section d’hémato-oncologie de l’hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, il y a près de dix ans, je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre. J’imaginais, par exemple, que les personnes gravement atteintes d’un cancer pouvaient parfois se laisser aller à des crises de larmes ou de désespoir. Bien sûr, des larmes sont souvent versées… mais point d’éclat !
C’est comme si ces grands malades en étaient arrivés à une autre phase de leur vie. Sans doute, ont-ils réagi avec colère ou détresse lorsque le verdict de pathologie grave a été prononcé. Sans doute, ont-ils éprouvé beaucoup de chagrin devant un pronostic de maladie plus ou moins incurable. Ces personnes ont également réfléchi, à coup sûr, à la mort, peut-être dans un contexte de désespérance.
Jean-Paul Sartre a déjà écrit que la vie commençait de l’autre côté du désespoir. À quoi bon pleurer, s’emporter, vociférer, déprimer ? Ne faut-il pas plutôt accepter tout bonnement ce que la vie nous laisse sur son passage ? Et, indubitablement, chez un grand nombre de patients, la résignation est le sentiment le plus répandu, du moins dans ce qu’on laisse paraître dans le langage gestuel et les mots échangés verbalement. Il faut prendra ça comme ça vient ! Il arrivera ce qui arrivera ! disent-ils, certains avec sérénité même.
Contraire de la révolte qui consiste à refuser l’autorité, une règle ou une situation de vie, la résignation est le fait d’accepter sans protester, une tendance à se soumettre sans trop réagir, selon les mots du Petit Robert. On se fait une raison, on renonce à ce qu’on aurait préféré. La résignation ne s’intègre pas très bien au système de valeurs de nos sociétés ultra-modernes axées sur la consommation effrénée et la satisfaction immédiate des besoins. D’aucuns pourraient prétendre qu’elle est la caractéristique des faibles et que les forts, les battants, n’en ont cure.
Pourtant, nos observations de bénévole nous incitent à croire que la résignation des grands malades relève d’une profonde sagesse de l’être humain. Une sagesse qui commande d’accepter finalement ce que la vie nous réserve pour éviter de se faire du mal, de se meurtrir, de plonger dans une profonde révolte souvent destructrice. Pourvu que, dans leur for intérieur, ces grands malades puissent continuer à lutter raisonnablement pour recouvrer santé et bien-être !
Pas de commentaire »
|