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Posts Tagged “féminisme”

 

                     

                                                                           Il importe prioritairement de valoriser la paternité, de renforcer l’identité des hommes et de promouvoir une image positive d’eux.

                                                                                                                              

                                                                                                                                      Le rapport Rondeau

 

 

 

         Parler des hommes dans les médias, ce n’est pas tout à fait conforme à la rectitude politique; par les temps qui courent, l’élément masculin doit faire preuve de retenue et de discrétion. Nous vivons dans une société de plus en plus féminisée qui ne rate pas l’occasion de mettre en évidence les réalisations des femmes. Il faut s’en réjouir dans une large mesure, puisque c’est un juste retour des choses : les femmes ont essuyé  l’oppression et des injustices au cours des siècles et leur émancipation complète est loin d’être acquise. Mais il faut avouer que l’homme subit les contrecoups des avancées de l’univers féminin. Il se questionne sur ces façons d’être et  de faire, tout en étant témoin de l’érosion de son système de valeurs, au point d’être placé dans un état de crise existentielle. Les hommes assument donc un destin de plus en plus lourd et exigeant.

Ce qui est horrible dans la condition masculine, c’est de toujours faire face, d’être le meilleur, de ne jamais manifester de faiblesse, une dynamique de la maîtrise de soi qui mène parfois à des attitudes ou des comportements autodestructeurs. La suite, on peut la deviner : les dysfonctions comportementales et les maladies refuges comme la psychose, la névrose, l’alcoolisme, etc.

L’impact du féminisme

        

Au Québec, la venue du féminisme a certes permis aux femmes de progresser dans la conquête de leurs droits et libertés; elles ont su transformer leur milieu de vie. Qui plus est, les valeurs dites féminines (intériorité, prudence, empathie, conservation, pacifisme), d’alléguer l’éditorialiste de La Presse, Mario Roy, constituent aujourd’hui les étalons de mesure à partir desquels tout est jugé. L’idéologie féministe a fait table rase de tout un pan de la culture humaine. Ce n’est pas peu dire.  Il est alors pertinent de croire que cette mouvance féministe est inséparable d’une condition masculine qui suscite actuellement des inquiétudes.

D’aucuns soutiennent que, avec les années, les acquis du féminisme ont pris des proportions déraisonnables qui créent un déséquilibre par rapport à la condition masculine. Les problèmes sociaux et juridiques des hommes et les besoins qui en découlent sont immenses comme le démontre le rapport Rondeau publié en 2004.

Le féminisme a grandement contribué au rejet de l’autorité de type paternel qui imposait parfois des bornes rigides et inégalitaires. Allié à la libération sociale des années 70 - pensons au slogan Peace and Love - le mouvement des femmes a fait en sorte que l’autorité, considérée comme du fascisme, devienne moins persuasive et s’affaiblisse; son déclin a même été perçu par certaines gens comme un progrès. L’auteur du livre Le féminisme et ses dérives, Jean Gabard, explique avec justesse :

           

Dans la nouvelle démocratie, la grandeur est ridiculisée, inversement small is beautiful. (…) Tous les pouvoirs, toutes les hiérarchies, toutes les institutions, qu’elles soient militaires, politiques, religieuses, scolaires, familiales, sont déconsidérés. (…) Tout ce qui était opprimé doit être soutenu. Il faut défendre la cause des enfants, la cause des adolescents contre les adultes, la cause des femmes et des homosexuels contre le pouvoir mâle… La nouvelle pensée dominante est celle qui défend les dominés.

 

Une fragilité identitaire 

Les hommes se sentent maintenant déstabilisés et perplexes.  Pourquoi ce désir de la compétition à outrance ?  Sommes-nous si  supérieurs aux femmes ? Pourquoi craindre les émotions ? Pourquoi fuir l’intimité ? D’où provient le désir de  domination ? Pourquoi vouloir toujours s’imposer et se montrer les meilleurs ? Et cette indiscutable violence masculine ? Bref, c’est la déconstruction de la masculinité. Et le psychiatre britannique, le Dr Anthony Clare, va plus loin lorsqu’il écrit : À l’aube du XXIe siècle, la masculinité est dépeinte par plusieurs analystes comme un état de déviance, comme une pathologie.  

L’effondrement des valeurs masculines traditionnelles a renforcé la fragilité identitaire de l’homme d’ici, malheureusement trop habitué à une image de perdant et de gagne-petit, profondément enfoncé dans un complexe d’infériorité inscrit dans une histoire  impossible à refaire : les hommes canadiens-français ont perdu la bataille des Plaines d’Abraham en 1760 et les rébellions de 1837 et 1838 leur ont été défavorables.

Les difficultés de certains pères n’arrangent rien au vécu des hommes. Le 8 février 2005, Radio-Canada présentait, dans le cadre de l’émission Enjeux, un documentaire de Serge Ferrand intitulé : La Machine à broyer les hommes. L’auteur y démontrait les discriminations que vivent les hommes, en ce qui concerne surtout les litiges familiaux et la détresse des pères à la suite de la décision de confier la garde des enfants  aux mères, même si souvent le tribunal ne fait qu’homologuer une entente entre les parents. Il faut donc comprendre les réactions masculines à l’endroit d’une situation souvent injuste.

Pour certains autres, les épreuves commencent à l’heure de la retraite. Plongés pendant des années dans un travail qui absorbait énergie et intérêt, plusieurs hommes n’ont pas su préparer ce grand virage frappant comme un coup de massue. Leur identité de travailleurs s’effondre. Que faire maintenant de son existence ? Comment donner un nouvel élan à ses motivations pour satisfaire ses besoins et être heureux ? Faut-il retourner au boulot ?

 

De l’espoir à l’horizon

 

On l’a souvent répété, l’homme d’ici doit cesser de croire qu’il est un minus habens et c’est la condition essentielle pour se refaire une identité masculine forte et solide. Il demeure crucial de s’inspirer de grands modèles. Chacun dans son domaine respectif, Maurice Richard, Jean Béliveau, Alexandre Despatie, Félix Leclerc, Michel Tremblay, Alain Lefebvre, Fernand Dumont, Jean-Paul Lemieux, Pierre-Elliot Trudeau, René Lévesque, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard… sont des hommes porteurs de grandes qualités; leur réussite et leur comportement viennent renforcer notre identité masculine. Chacun de nous, sur une échelle moindre, nous sommes capables de marquer notre destin et d’accomplir des choses pour le plus grand bien de notre entourage et de la communauté.

La condition masculine est trop importante pour être surtout  une revendication de garde d’enfants, une empoignade sur les pensions alimentaires ou des discussions oiseuses sur le féminisme outrancier. La condition masculine, ce n’est pas le masculinisme radical, outrageux et blessant et pour la femme et pour l’homme. La condition masculine doit inciter à une réflexion profonde et appropriée sur le quotidien des hommes dans notre société,  en ayant bien dans l’esprit que l’avenir de la femme, c’est l’homme et que l’avenir de l’homme, c’est la femme. Aucun débat ne sera donc possible si l’on maintient une dialectique de l’affrontement entre les sexes.

Oui, le tableau de la condition masculine est sombre, mais un certain espoir pointe à l’horizon. Les hommes de bonne volonté, ceux qui voudront s’affirmer dans une masculinité renouvelée, réussiront sans doute à bien identifier leurs besoins et à se tourner vers des solutions idoines. Des exigences seront toutefois incontournables : la nécessité de faire le point sur leur propre vie, de l’introspection, une prise de conscience de leurs difficultés et l’action salvatrice qui permet souvent de tourner la page et de s’engager dans la voie du renouveau.

 

http://andreledoux.Blogauteurs.net

           

 

 

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Un des événements les plus remarquables du XXe siècle a certes été l’émancipation féminine qui a exercé une influence prépondérante sur les hommes, particulièrement sur l’homme québécois. Déjà infériorisé depuis 1760 par l’histoire qui lui a été défavorable à bien des égards, à partir des années 1970 environ, petit à petit, l’homme d’ici a été témoin de l’érosion de son système de valeurs,  au point d’être placé en situation de crise existentielle. D’aucuns protesteront, mais cette réalité  masculine est incontournable et l’accumulation des  faits le démontre largement. 

La vie de couple a également subi les soubresauts de ces changements; elle bat de l’aile et le divorce progresse à un rythme effarant. Le féminisme, d’écrire Denise Bombardier, dans La déroute des sexes, a fragilisé la relation amoureuse en y introduisant un nouveau rapport de force et il est faux de prétendre que, si les hommes le vivent mal, les femmes, elles, s’en accommodent. Nous assistons non pas à la déroute d’un sexe, mais à la déroute des sexes. Peut-on encore accepter de s’entendre dire que dans l’amour l’homme est un salaud potentiel et la femme une victime inévitable ? L’amour est un risque pour tous les amoureux, sans distinction de sexe*. Et l’auteur  poursuit en insistant sur la nécessaire réconciliation des sexes.             

                 Sans trop le laisser paraître, les hommes ont encaissé en se réfugiant dans le silence et la fuite;  un certain nombre ont toutefois connu des difficultés et il n’est pas exagéré de penser qu’ils se sont enfoncés dans un marasme, voire une crise marquée parfois au coin de l’échec et du désespoir. L’homme mou, le père absent, l’homme aux émotions refoulées et le père de famille monoparentale  sont l’expression d’un mal-être masculin. Ce n’est pas tout.  La peur des femmes et la violence féminine n’ont d’égal que cet acharnement contre les hommes qui, aux yeux de plusieurs, sont des irresponsables ou des délinquants,  parce qu’ils n’assument pas leurs tâches sociales ou familiales.  Le mépris envers la gent masculine ne fait aucun doute et les hommes bafoués sont nombreux.

                Le 8 février 2005, Radio-Canada présentait, dans le cadre de l’émission Enjeux, un documentaire de Serge Ferrand intitulé : La Machine à broyer les hommes. L’auteur  y démontrait les discriminations que vivent les hommes, en ce qui concerne surtout les litiges familiaux, et la détresse des pères suite à la décision de confier la garde des enfants   aux mères, même si souvent le tribunal ne fait qu’homologuer une entente entre les parents. Il faut donc comprendre les réactions masculines à l’endroit d’une situation souvent injuste.

Pour certains, les difficultés commencent au moment de la prise de la retraite.  Plongés pendant des années dans un travail qui absorbait énergie et intérêt, les hommes n’ont pas  su préparer ce grand virage frappant comme un coup de massue.  Que faire maintenant de son existence ? Comment donner un nouvel élan à ses motivations pour satisfaire ses besoins et être heureux ? Faut-il retourner au boulot ?

Oui, le tableau est sombre, mais un certain espoir pointe à l’horizon. Les hommes de bonne volonté, ceux qui voudront s’affirmer dans une masculinité renouvelée, réussiront sans doute à bien identifier leurs besoins et à se tourner vers des solutions idoines. Des conditions seront toutefois nécessaires : la nécessité de faire le point sur leur propre vie, une prise de conscience de leurs difficultés,  une réflexion profonde  et l’action salvatrice qui permet souvent de tourner la page et de s’engager dans la voie du renouvellement.

 En revanche, la destinée masculine, c’est un truisme de le rappeler, est intimement liée à celle de la femme.  Claude de Milleville, psychologue, écrivaine et conférencière, avoue justement : La femme n’est pas l’avenir de l’homme, mais elle n’a aucun avenir sans l’homme.  Si réelle soit-elle, la crise de l’homme  pourra se résoudre avec la collaboration de la femme grâce à l’égalité et à la complémentarité. Deux concepts  reposant sur une rencontre authentique et des relations humaines limpides  entre  des personnes  qui se comprennent,  se protègent, se complètent et surtout se respectent.   De la concertation pour le plus grand bien de la femme et de l’homme !

 

                                                                                                                             André Ledoux

 

*Denise BOMBARDIER, La déroute des sexes, Paris, Éditions du Seuil, 1993, p. 138

 

 

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