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Posts Tagged “violence conjugale”

    

 

 La ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine Saint-Pierre, a lancé, le 22 novembre dernier,  la dernière phase de la campagne gouvernementale de sensibilisation à la violence conjugale. C’est le comédien Patrice Robitaille qui, dans un message  médiatique, fait appel à la solidarité pour que nous disions tous non à la violence conjugale.

Les statistiques

En 2008, selon les données des Statistiques 2008 sur la criminalité commise dans un contexte conjugal au Québec du ministère de la Sécurité publique, 17 321 infractions touchant la violence conjugale ont été enregistrées par les corps policiers. De ce nombre, 14 242 étaient contre des femmes et 3 079 contre des hommes.  L’an dernier, 11 personnes ont été tuées dans un contexte de violence conjugale (9 femmes et 2 hommes) et 27 (23 femmes et 4 hommes) ont été victimes de tentative de meurtre. Onze  personnes ont donc perdu la vie dans un contexte de violence conjugale, le plus faible taux d’homicides de la dernière décennie.

Un message unilatéral

            Patrice Robitaille énumère, dans son message publicitaire, les prénoms des femmes qui, dans sa vie d’homme, l’ont aidé ou appuyé, ce qui  lui a permis de devenir ce qu’il est devenu. Il dénonce ensuite cette violence conjugale qui viendrait exclusivement de l’élément masculin.

            Deux observations.  Les hommes ne semblent pas avoir pris part à l’éducation ou à  la formation du comédien, selon le message. Son père n’aurait pas été d’un précieux secours dans son enfance ?  Aucun de ces professeurs masculins n’a exercé de bonne influence sur sa conduite ? Aucun comédien ne l’a parrainé ou soutenu pour qu’il en arrive à ses objectifs, ni aucun ami… ? Bizarre ! Le message est pour le moins unilatéral et discriminatoire envers les hommes ; il n’y en a que pour les femmes à qui les hommes devraient tout.

La violence des femmes

            L’autre observation touche l’aspect social du message : c’est aux  hommes essentiellement qu’il faut attribuer la violence conjugale. Un peu trop court, comme affirmation. Les femmes peuvent être violentes en couple, une violence souvent psychologique qui peut blesser profondément leur conjoint. Les recherches de Denis Laroche de l’Institut de la statistique du Québec démontrent clairement la dimension mutuelle de la violence dans le couple ; le chercheur soutient qu’il existe autant de chances que le recours à la violence ait été amorcé par une femme que par un homme.

            Et que dire de la violence qui sévit entre les couples de lesbiennes ? Selon Statistique Canada, peut-on lire dans la Gazette des femmes (novembre-décembre 2005), le taux de violence conjugale chez les homosexuelles est le double de celui déclaré par les hétérosexuelles (15 % contre 7 %) et des experts soutiennent que c’est plutôt de 22 à 24 % si l’on extrapole à partir des statistiques américaines. Oui, des femmes battent et violentent leurs blondes. Et les conséquences sont tragiques : honte, baisse de l’estime de soi, maladies psychosomatiques, etc.

 

            Le message publicitaire nous semble tendancieux dans la mesure où il ne fait pas la part des choses quant à la violence conjugale, un phénomène qui est l’apanage des hommes et des femmes. Pour se conformer à une certaine rectitude politique, beaucoup trop de médias et les rapports de police sur la violence dans le couple accusent systématiquement les hommes dans les cas d’agression et de brutalité. Comment expliquer que la ministre Saint-Pierre passe sous silence les résultats des recherches de Statistiques Canada et de l’Institut de la statistique du Québec sur la violence des femmes à l’endroit des hommes ? Ces  recherches illustrent que les hommes sont victimes de violence conjugale dans une large proportion et certains soutiennent même que cette violence est presque similaire à celle des femmes.

            Comme l’écrit si bien le philosophe François Brooks, sur son site Philo5.com, dans un article intitulé La violence faite aux hommes,

La violence morale faite aux hommes par notre société féministe ne se termine pas dans une tuerie spectaculaire ; elle prend plutôt la forme silencieuse et anonyme du suicide des jeunes hommes dont on ne parle jamais au téléjournal. Vivre homme au Québec, c’est être amené à se détester tous les jours en regardant le téléjournal. On se croirait revenu au temps de l’inquisition où on brûlait les sorcières sur la place publique. Les rôles sont simplement inversés. Ce sont maintenant les femmes qui ont le beau rôle. Comme si celles-ci ne portaient pas en elles la nature humaine, elles ne sont presque jamais au banc des accusés.

            Bref, reconnaissons que la violence conjugale est souvent le problème de la femme et de l’homme, un partage de colère et de rage qu’il faut éradiquer le plus possible.

                                                                                              André Ledoux

P.-s. L’auteur n’est pas antiféministe et il déplore notamment la tuerie de la Polytechnique qui a mis en cause un détraqué;  il souhaite que les relations entre les femmes et les hommes soient harmonieuses pour le plus grand bien de la vie de couple.

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Référence

Ledoux, André  De l’homme en crise à l’homme nouveau, Essai sur la condition masculine, Québec, Option Santé, 2009, 244 p.

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